Cliché - Fonds photgraphique Ernest Rupin
Musée Labenche / En réserves

Le fonds photographique Rupin

Le musée Labenche abrite dans ses réserves un fonds photographique rare, constitué de près de 1200 clichés réalisés par son premier conservateur, Ernest Rupin, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Musée Labenche / Reserves
Né le 6 mai 1845 au sein d’une famille corrézienne aisée, Ernest Jean-Baptiste Rupin est connu comme ayant été le premier conservateur du musée de Brive. Mais, en parallèle à ses activités muséales, il a aussi multiplié les terrains d’investigation et a publié notamment de nombreux articles ainsi que plusieurs ouvrages de référence sur des domaines aussi variés que la sigillographie, la botanique, l’art, les émaux de Limoges ou l’architecture.
 
Dans le cadre de ses recherches, la photographie occupe une place particulière, comme le montre le fonds photographique conservé au musée Labenche et récemment numérisé en collaboration avec l’association Les Films du Genièvre.
 
Ne rassemblant pas tous les clichés d’Ernest Rupin, cet ensemble est tout de même constitué de près de 1200 négatifs de type gélatino-bromure sur plaque de verre de format 13 x 18 cm, sans doute pris à l’aide d’une chambre noire à soufflet portative -matériel léger adapté à ce voyageur-.
 
Composé de grands ensembles thématiques distincts (mobilier religieux, monuments, paysages, scènes de genre et portraits), il reflète le travail d’Ernest Rupin en tant que chercheur, mais non en tant que conservateur, et ne doit pas être perçu comme une pratique photographique artistique, même si la composition des paysages trahit le regard d’un peintre.
De fait, Ernest Rupin ne considérait pas la photographie comme un médium légitime en tant que tel et y avait recours essentiellement pour étayer ses différentes recherches. Aussi le musée Labenche conserve-t-il notamment les clichés utilisés dans L’abbaye et les cloîtres de Moissac  publié en 1897 et, surtout, dans L’Œuvre de Limoges, inventaire détaillé et illustré des émaux limougeauds conservés sur le territoire français paru en 1890.
Par la précocité de leur réalisation et par leur qualité, les images qui subsistent de cette œuvre photographique attestent de la richesse du mobilier religieux de la région tout en étant révélatrice de la démarche scientifique d’Ernest Rupin dont la valeur est indéniable.
L’Œuvre de Limoges est d’ailleurs restée pendant longtemps l’ouvrage de référence sur les émaux limousins. Néanmoins, en mettant en lumière des pièces méconnues, ce livre -de même que d’autres publications en France- a pu servir à des personnes mal intentionnées.
Aussi, l’intérêt patrimonial et scientifique des clichés Rupin se trouve-t-il, paradoxalement, accru par le fait qu’ils représentent des objets aujourd’hui altérés voire disparus, tels que la colombe eucharistique de l’église de Laguenne en Corrèze, pièce d’émaillerie du 13e siècle volée en 1906.


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